[DOSSIER] Test de souffle et test de spirométrie : qu’est-ce que l’indice de Tiffeneau?

Du latin spirare « respirer » et du grec ancien métron « mesure », la spirométrie est un test pulmonaire qui mesure la capacité à respirer. Le test spirométrique se base notamment sur l’indice de Tiffeneau pour vérifier la bonne santé des poumons. Explications.

Pourquoi vérifier la capacité respiratoire ?

Tout comme la vérification régulière des dents, de la tension artérielle ou encore du taux de cholestérol, tester la santé des poumons est nécessaire. Le spiromètre permet de mesurer la fonction respiratoire  et de diagnostiquer d’éventuelles maladies pulmonaires comme l’asthme ou la très redoutée BPCO. D’autres examens peuvent avoir lieu dans le cadre d’une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) : la gazométrie (mesure du gaz dans le sang), la pléthysmographie spirométrie (mesure des volumes et capacité vitale des poumons dans une cabine), des exercices physiques…

L’EFR se traduit par des courbes et données qui permettent de déterminer :

  • la capacité pulmonaire totale (= volume d’air total après une inspiration forcée) ;
  • la capacité vitale forcée ou CVF (= volume d’air mobilisable avec une inspiration et expiration forcées rapides) ;
  • la capacité vitale (inspiration et expiration à vitesse normale) ;
  • le volume expiratoire maximal en une seconde ou VEMS ;
  • la ventilation maximale par minute ou VMM ;
  • le débit expiratoire de pointe ou test DEP (= débit instantané en expiration forcée) ;
  • le DEMM (= Débit Expiratoire Maximal Médian ou DEM 25-75), etc.

Spirométrie : valeurs normales

4 points sont nécessaires pour déterminer une spirométrie normale :

  • une allure de la courbe de spirométriedébit-volume‘ et de la courbe ‘volume-temps’ qui respecte les critères d’acceptabilité ;
  • un débit de pointe (DEP) supérieur ou égal à 80 % de la valeur référence ;
  • une CVF supérieure ou égale à 80 % ;
  • un DEMM supérieur ou égal à 75 %.

Le coefficient de Tiffeneau

Du nom d’un spécialiste de la médecine respiratoire, l’indice de Tiffeneau (rapport VEMS/CVF en pourcentage) permet de déterminer le niveau de sévérité de l’asthme ou du bpco, c’est-à-dire le degré d’obstruction bronchique.

Dans le cadre d’un dépistage de bpco chez le médecin via un test de spirométrie, un indice de tiffeneau normal est supérieur à 75 %. En cas d’anomalie, le patient est adressé à un pneumologue pour un examen du souffle  plus complet.

BPCO : définition

La broncho-pneumopathie chronique obstructive ou bpco est la maladie  respiratoire des fumeurs par excellence. Selon l’OMS, la bpco, plus connue sous le nom de ‘bronchite chronique’ ou ’emphysème’, devrait représenter la 3ème cause de maladie mortelle en 2020, après les affections cardiovasculaires et les tumeurs. Généralement diagnostiquée après 40 ans, elle se caractérise par un lent rétrécissement, souvent irréversible, du calibre des bronches. Un consensus international la définit comme « une maladie chronique caractérisée par une obstruction bronchique non réversible (…) ». Ce qui la différencie de l’asthme.

En cas de toux et d’essoufflement chroniques, il faut consulter. Attendre et atteindre un stade bpco critique, c’est permettre l’évolution de cette maladie respiratoire invalidante aux conséquences graves : destruction progressive des poumons, répercussions sur le cœur, emphysème pulmonaire…

Stades de la BPCO

Tuant chaque année près de 20 000 personnes, la bpco est une maladie insidieuse qui évolue très lentement. 2/3 des personnes touchées sont dans l’ignorance faute de dépistage.

4 stades de maladie sont définis.

BPCO stade 1 (broncho-pneumopathie légère)

 La personne peut se sentir occasionnellement essoufflée lors d’efforts physiques. Des symptômes chroniques de toux peuvent survenir. A ce stade, l’efr est normal et le VEMS >  à 80 % de la valeur théorique.

 BPCO stade 2 (modérée)

 Non dépistée et soignée, la broncho-pneumopathie chronique commence à induire un rétrécissement important des bronches, limitant l’évacuation de l’air dans les alvéoles pulmonaires. L’essoufflement est de plus en plus gênant. L’indice de Tiffeneau est inférieur à 70 % et le VEMS compris entre 50 et 80 % de la valeur théorique. Il est alors difficile de se débarrasser d’un rhume ou d’une infection respiratoire.

 BPCO stade 3 (sévère)

 A ce stade, le patient souffre d’un véritable handicap respiratoire. Il est essoufflé même sans effort. Le coefficient de Tiffeneau est inférieur à 70 % et le VEMS compris entre 30 et 50 %.

 BPCO stade 4 (très sévère)

 Avec un VEMS inférieur à 30 % de la valeur théorique, les personnes souffrent d’insuffisance respiratoire et doivent, pour plus de la moitié d’entre elles, recevoir de l’oxygène en complément environ 15 h/j.

BPCO : durée de vie ?

Si, à un stade avancé de la maladie, le traitement ne permet pas de guérir la bpco, l’espérance de vie est significativement meilleure avec les bronchodilatateurs qui augmentent le calibre bronchique. Cela suppose bien entendu un arrêt total des habitudes tabagiques. Caractéristique majeure de la bpco, la VEMS peut être en effet grandement ralentie. La dyspnée d’effort (ou sensation de manque d’air) peut quant à elle totalement disparaître aux premiers stades de la bpco (bpco modérée).

Dans les formes avancées de la maladie, les complications de la bpco s’avèrent malheureusement irréversibles. L’arrêt du tabagisme et les traitements médicamenteux (ventoline, corticoïdes…) ne peuvent que freiner son évolution.

Au stade de l’insuffisance respiratoire, l’oxygénothérapie de longue durée (OLD) à domicile est nécessaire 16 h/24. L’OLD permet d’améliorer de façon significative l’espérance de vie bpco et de diminuer la fréquence des hospitalisations, tout comme la ‘ventilation non invasive’ nocturne (VNI).

Auteur : Elsa M.